Petit lexique (agaçant) des expressions auxquelles on finit par s’habituer… (5ème partie)

Voici la cinquième partie de ce lexique des expressions colombiennes auxquelles on finit par s’habituer, mais on ne les comprend pas toujours. Je remercie encore le travail de Charlotte Aristide, originaire de la Guadeloupe  (Les Abymes en 1977). Passionnée de photos, de cinéma et professeur à l’Ecole Française de Pereira.

Cinquième (et dernière ?) partie d’une longue série de découvertes linguistiques, au cœur de la Colombie profonde. Mais peut-être en trouverais-je d’autres à vous expliquer, quand ma connaissance de la langue et de la culture colombienne sera plus subtile… Si Dios quiere!

Tranquila… – Adjectif favori des colombiens… qui dit tout du rythme auquel ils font les choses, et de leur degré de non-stress permanent… Enfin, ici il y a la guérilla et les meurtres qui pèsent comme menace perpétuelle, alors il vrai qu’il vaut mieux prendre la vie avec philosophie, et rien ne sert de stresser pour une queue interminable au supermarché, une attente trop longue auprès d’une administration, ou un retard inacceptable à un rendez-vous… n’est-ce pas ? Toujours est-il qu’on prend facilement le rythme local… enfin, perso, c’est fait. C’est aussi le mot qu’ils emploient pour accepter vos excuses quand vous avez fait une erreur ou que vous exprimez une inquiétude, ou celui qu’ils emploient quand vous essayez de leur mettre la pression… Alors, tranquille !!!

Ahorita. – La réponse presque systématique à toutes vos requêtes. Ne signifie absolument pas « oui j’arrive » contrairement à ce que l’on pourrait penser, mais plutôt, « cours toujours… bois d’l’eau pour que je vienne, ou que je fasse cela pour toi« … enfin, là, c’est mon expérience personnelle qui parle, avec Marcos particulièrement, l’électricien qui fait des travaux dans la maison depuis deux mois, et qu’on a déjà attendu de longues et nombreuses après-midi… Toute l’essence de la ponctualité légendaire des colombiens est contenue dans cette expression. Variante : « Un minutico« .

Ahorita

Ahorita

Mañana, si Dios quiere. – J’ai lu dans la copie d’une de mes élèves : « la Colombie est un état laïque, alors pourquoi l’Eglise se mêle-t-elle toujours de ce qui ne la regarde pas ? »… L’auteur de ce coup de gueule voulait alors défendre le droit à l’avortement dans un exercice d’argumentation. Eh bien elle ne croit pas si bien dire. Dieu et le Peuple sont les protagonistes les plus invoqué dans ce pays en politique, et ce n’est pas un hasard : le Peuple croit aveuglément en Dieu, alors pour le convaincre de voter pour vous, il faut qu’il soit convaincu que vous croyez en Dieu, au minimum, voire même que vous êtes l’élu de Dieu, pas corrompu (contrairement aux autres), qui saura lui promettre monts et merveilles, et le sauver… La deuxième question après « comment t’appelles-tu ? », c’est « quel est ta religion ? », et quand vous n’en avez pas (genre, comme tous les profs du Lycée Français de Pereira), on vous regarde ébahit, hurluberlu… « No puede ser !«  (Ce n’est pas possible). Bref, les colombiens ponctuent toutes les phrases de « Ave Maria », « Si Dios quiere« … et il faut croire que rien ne se passe ici-bas sans la volonté de Dieu, et que Dieu ne veut pas grand-chose, parce qu’on attend toujours que notre électricien préféré (Marcos), finisse son travail à la maison…

Enfin, il se peut qu’il fasse durer les travaux pour les beaux yeux de Virginie, qui plus est le trouve à son goût (scoop), mais bon, rien n’est prouvé…

Voili, voilou.

Une chose que j’ai entendu beaucoup dans le pays costeño c’est Vaina et lorsque vous démarrez à apprendre la langue, ce n’est pas facile à comprendre. Et ses différentes variantes que vous allez trouver en dessous. C’est tout et rien, cela veux tout dire et rien dire. C’est comme mon blog   ¡Qué vaina tan buena!

Vaina (mi palabra favorita) : para los colombianos es una palabra indefinida e indefinible, quiere decir todo y no quiere decir nada, sus pensamientos y sus palabras, todo lo animado e inanimado. Cuando no conoce un objeto y no sabe su nombre ni su uso, el colombiano pregunta: ¿Qué vaina es esa? Las herramientas de trabajo son vainas en el cotidiano hablar. Un momento agradable o desagradable es una vaina; ante un bello espectáculo, una obra de arte o un agradable acto social, se exclama ¡Qué vaina tan buena! ; los hijos son una vaina; el carro, los autobuses, el tráfico, la carretera, el calor, el frío, las lluvias, el verano, todo es una vaina. Cuando un amigo venezolano te invita a una fiesta: Vamos, que la vaina va a estar muy buena; ante una desgracia o desagrado: ¡Qué vaina tan mala! Al ver a una mujer muy hermosa, ¡Qué vaina tan bella! o muy fea, Esa vaina es feísima. El amor, el odio y todos los sentimientos son vainas. De un individuo extrovertido, de excelente carácter y buen humor o uno introvertido, neurótico e intratable, se dice que están llenos de vainas o que echan más vainas que una mata de frijol. La adversidad o mala suerte es una vaina seria; un buen negocio o una buena oportunidad, una vaina maravillosa. 

Cette définition est extraite du Diccionario de expresiones Colombianas

Je ne résiste pas pas à vous montrer cette vidéo qui est l’explication d’un colombien à un gringo argentino sur les expressions colombiennes  🙄

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